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Fait marquant | Cancer

Quand la grossesse devient tumeur



​Des chercheurs du laboratoire Biologie du Cancer et de l'infection étudient le choriocarcinome et démontrent l'implication du facteur placentaire EG-VEGF dans le développement de ce cancer très agressif de la grossesse. Ils proposent également des thérapies moins toxiques que les chimiothérapies actuellement utilisées, en utilisant le potentiel thérapeutique de deux antagonistes d’EG-VEGF.

Publié le 16 octobre 2017
Le choriocarcinome (CC) est un cancer très agressif de la grossesse qui se développe, le plus souvent, chez les femmes qui font des fausses couches à répétition. Ce cancer tue encore un grand nombre de patientes, en particulier dans les pays en voie de développement. Les chimiothérapies anti-tumorales proposées sont associées à des effets secondaires très toxiques. Ni le mécanisme du développement du choriocarcinome, ni sa progression ne sont caractérisés.

Des chercheurs de l’équipe Mécanismes d'Invasion en Angiogenèse et dans le Cancer du laboratoire Biologie du Cancer et de l’Infection ont identifié la protéine placentaire EG-VEGF (Endocrine Gland-derived Vascular Endothelial Growth Factor) comme contrôlant la prolifération et l'invasion des trophoblastes, deux événements clés qui régissent le développement du CC et la formation des métastases associées à ce type de cancer. EG-VEGF agit via deux récepteurs PROKR1 et PROKR2. Pour démontrer l’implication d’EG-VEGF dans le développement du CC et être en mesure de proposer des thérapies interférant avec les fonctions de cette protéine, les chercheurs ont mené trois types d’étude. La première est une étude clinique impliquant trois centres de référence des maladies trophoblastiques : un centre français (Pr F. Golfier, Hospices Civils de Lyon), un centre marocain, (Pr H. Boufettal, CHU de Casablanca), et un centre canadien (Pr R. Slim, McGill University). Cette étude a permis de démontrer que les niveaux de l’EG-VEGF étaient anormalement augmentés dans le sérum et la tumeur de patientes porteuses de choriocarcinome. La deuxième étude, menée in vitro, basée sur les cultures 2D et 3D de différents tissus placentaires a permis la caractérisation du potentiel thérapeutique des antagonistes des récepteurs de l’EG-VEGF. La troisième approche a concerné le développement d’un nouveau modèle animal pré-clinique du CC.
Ce modèle, récemment breveté par le CEA, a servi à démontrer le potentiel thérapeutique des deux antagonistes d’EG-VEGF dans un système vivant. Ce potentiel thérapeutique a lui aussi été breveté par le CEA. Ce nouveau modèle animal du CC apporte des preuves que les récepteurs de l’EG-VEGF peuvent constituer une cible thérapeutique sûre et ouvre ainsi la perspective de futurs traitements ciblés qui seront moins toxiques que les chimiothérapies actuellement utilisées
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Souris gestante présentant un choriocarcinome et des métastases.
 
Souris traitée avec l’antagoniste de PROKR2. On observe une diminution significative des métastases.

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