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Fait marquant | Cancer

Carcinome rénal à cellules claires : vers une médecine personnalisée


​L’étude menée par des chercheurs du laboratoire Biologie du Cancer et de l'Infection apporte les premières évidences pré-cliniques pour une utilisation rationnelle d'une combinaison d’inhibiteurs de kinases pour le traitement de certains cancers du rein.

Publié le 13 septembre 2018
L’incidence du cancer du rein et sa mortalité associée se sont accrues au cours des dernières années. Le Cancer Rénal à Cellules Claires (CRCC) est le cancer rénal le plus fréquent ; sa progression vers l’apparition de métastases entraîne, dans 25% des cas, une survie à 5 ans inférieure à 10%. Même si le traitement du cancer du rein métastatique a connu des bouleversements récents avec l’arrivée de molécules chimiques ciblant des protéine-kinases impliquées dans l’angiogenèse, l’impact réel de ces nouvelles thérapies sur la survie reste modeste. Il est néanmoins établi que la prolifération et la survie des cellules tumorales reposent sur des voies moléculaires où les kinases sont des acteurs incontournables. Il est donc urgent de poursuivre l’exploration dans cette direction dans le but d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.

Pseudomonas aeruginosa est une bactérie responsable d’infections nosocomiales graves, en particulier chez les porteurs de dispositifs médicaux implantés (cathéters, prothèses, etc.) et chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli. C’est un agent pathogène d’autant plus préoccupant que beaucoup de souches hospitalières sont devenues multi-résistantes aux antibiotiques.

L’équipe Mécanismes d'Invasion en Angiogenèse et dans le Cancer du laboratoire Biologie du Cancer et de l’Infection a découvert que les protéine-kinases PI3K et Src étaient suractivées dans des échantillons de tumeurs rénales humaines. A partir de cette observation, les chercheurs ont testé une combinaison des molécules chimiques GDC-0941 et Saracatinib, inhibant respectivement les protéine-kinases PI3K et Src. Ils ont réalisés ces expériences sur une lignée cellulaire dérivée d’une tumeur rénale à cellules claires, sur des coupes de tissus (cultures organotypiques) issues de xénogreffes de cette lignée et enfin sur des modèles de tumeurs de patients greffées chez la souris (PDX). Les résultats de leur étude montrent que l’inhibition simultanée des protéine-kinases PI3K et Src par ces inhibiteurs chimiques spécifiques bloque de façon synergique la prolifération et l’invasion des cellules rénales cancéreuses et provoque leur mort par apoptose.


Actuellement, l’oncologie clinique met en avant la recherche de méthodes prédictives d’un traitement dit « à la carte », optimisé pour chaque patient, associées à des stratégies de thérapie combinatoire. Dans ce contexte, l’étude de ces chercheurs apporte les premières évidences pré-cliniques pour une utilisation rationnelle de cette combinaison d’inhibiteurs pour le traitement de certains cancers du rein.


Des combinaisons de molécules inhibitrices des kinases PI3K (GDC-0941) et Src (Saracatinib) sont testées sur :
1) des cellules de carcinomes rénaux en culture ; 2) des xénogreffes de tumeurs obtenues après implantation dans la souris de cellules rénales cancéreuses ; 3) des xénogreffes obtenues après implantation dans la souris de fragments de tumeurs de patients ; dans ce dernier cas de figure, des coupes épaisses de 300 microns sont réalisées à l’aide d’un vibratome (4), puis mises en culture organotypique en présence des inhibiteurs chimiques (5). L’évaluation de la viabilité cellulaire des coupes de tumeurs après 72h de traitement permet de classer les patients en répondeurs ou non-répondeurs (6).
Appliquée directement à des échantillons issus d’exérèses de tumeurs rénales, cette méthode représente un moyen rapide pour définir le traitement le plus adapté pour un patient donné.


* Les protéine-kinases sont des composants majeurs des voies de signalisation qui permettent aux cellules de répondre de manière adaptée à leur environnement.

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